JOY ANGST À CŒUR OUVERT (INTERVIEW)

Aujourd’hui parait « The Nest », le premier EP de Joy Angst. L’occasion pour la rockeuse nostalgique de se livrer à cœur ouvert en répondant à nos questions. Avec autant de générosité que de sincérité.

Une interview exclusive MusiK Please.

Joy Angst, Les Femmes S'en Mêlent, festival

MusiK Please : Comment Coralie est-elle devenue Joy Angst ? Qu’en est-il de la signification de ce nom ?

Joy Angst : Il y a maintenant quelques années, j’ai été bouleversée par le film « Control » retraçant la vie de Yann Curtis. Je m’étais complètement identifiée. J’aimais déjà Joy Division et me rendais alors compte de la proximité qui s’établissait entre le malaise de Curtis et le mien. Je voulais Joy dans le nom, c’était une certitude. Car c’est ce que je suis, une femme joyeuse, mais en même temps assaillie par des angoisses contre lesquelles je me bats au quotidien. Amener cette dualité dans mon nom de scène était donc tout à fait logique. Tout ce que je compose sort de mon journal intime, de mes pensées profondes. Le concept dans l’écriture et la composition est directement lié au nom. L’idée est réellement de travailler autour de mes angoisses. Joy Angst est vraiment depuis le début un remède pour me libérer de manière éphémère de mes maux.

Voilà maintenant quelques années que vous tournez. Mais comment passe-t-on de la scène à un premier EP ?

Joy Angst : Il y avait la nécessité d’avoir un support afin de partir en recherche de dates, pouvoir démarcher ensuite les tourneurs, labels… C’est un outil indispensable. Avant de se lancer dans la production de l’EP, l’idée était de faire le point sur l’orchestration des titres joués en live et celle de mes démos, plus complète. Nous étions prêts à avancer, se poser réellement sur ma musique. Cela s’est décidé après le live pour le festival Les Femmes S’en Mêlent, en 2016 (live report ici). La motivation était à son paroxysme ! C’était le bon moment pour réaliser cet EP. Il y avait, au-delà de l’outil, la nécessité de donner un coup de fouet au projet afin de pouvoir mieux se projeter, le projeter.

Comparativement au live, la version EP des morceaux marque une nette évolution dans les nuances comme les détails. Comment s’est opéré le travail en studio ?

Joy Angst : Quand j’ai commencé à composer pour Joy Angst, je ne savais pas encore comment je mettrais en place le projet en live. J’avais beaucoup orchestré mes morceaux, je m’étais clairement fait plaisir. Il a donc fallu faire des choix pour le live après avoir choisi une formation rock : basse / batterie / 2 guitares / chant. Il y a eu énormément de remises en question sur la place de chaque instrument.

Ainsi, le lien entre les arrangements live et les arrangements pour l’EP n’était pas évident. Cet EP nous a permis de clarifier tout ça, faire des choix pour le live et aller plus loin dans l’orchestration pour le disque, en se basant sur mes démos.

A cause des emplois du temps de chaque musicien, il était impossible de se retrouver tous en même temps pour enregistrer en studio, une semaine en version live (c’est-à-dire enregistrer chaque morceaux en jouant tous ensemble dans des conditions de live). Nous savions aussi que nous avions besoin de faire de nouvelles recherches de sons pour chaque instrument. Le processus a donc été long, il a fallu garder la motivation malgré pas mal de remises en question sur toute cette phase de préproduction. Nous avons donc commencé par les batteries, puis les basses. Nous n’étions pas satisfaits au départ car le rôle de la basse n’était pas clair. Il a fallu retravailler tous les sons de basse, chercher des nouvelles lignes parfois. Ensuite, nous nous sommes attelés à l’enregistrement des guitares. Un fabuleux moment pour moi, fan de vieilles grattes et vieux amplis ! Nous nous sommes régalés avec Matthieu (le 2ème guitariste) à rechercher inlassablement et dans le détail nos sons surfs, vintages, blindés de reverb. Nous avions ramené nos plus vieilles guitares (60’s), qui sortiraient sur un beau panel de vieux amplis. Nous avons pris le temps, en essayant d’arriver au plus proche de ce que je nous cherchions en terme de son, d’intention. Ça prenait forme, mais maintenant c’est la batterie qui n’avait plus la bonne intention dans le jeu : nous avions fait jouer Antoine (le batteur) sur des témoins très moyens (versions des chansons démos), ce n’était donc pas évident pour lui d’avoir la bonne intention, de l’intensité dans son jeu.

Joy Angst, Les Femmes S'en Mêlent, festival

Alors, c’est reparti, nous avons ré-enregistré les batteries ! Pas simple comme décision, car pas évident pour le batteur dans ce sens, la batterie étant « normalement » le 1er instrument que l’on enregistre. Bref, au final nous avons été très satisfaits du rendu, cette fois la batterie sonnait vraiment super bien à nos oreilles !

Il ne restait plus qu’à enregistrer les pianos, le violoncelle et le marimba. Ça a été super de faire intervenir trois musiciens extérieurs au projet. Il y a une belle communauté de (bons) musiciens aux alentours d’Annecy, nous avions la chance de les avoirs dans notre réseau. Ça prenait forme ! L’excitation était à son comble.

Nous avons terminé par les voix. Au lieu de chercher la clarté avec une voix bien échauffée, nous avons pris l’option d’exploiter la fragilité de ma voix. Ainsi, c’est au réveil (avant le café) ou juste avant le coucher que ma voix devenait intéressante pour interpréter ces titres sensibles.

Ensuite est venu le temps du mix. J’ai passé énormément de temps en studio avec notre ingé son qui a fait un super job. Il a principalement travaillé sur des machines analogiques, notamment avec des vieux delay à bande. Un vrai puriste ! C’était intense et tellement passionnant. Ne restait maintenant plus qu’à envoyer le tout au mastering à Montréal et attendre…

Si la musique de Joy Angst résonne d’une mélancolie, elle interpelle également par son intimité. Est-ce important pour vous d’instaurer une certaine proximité avec l’auditeur/le public ?

Joy Angst :  Je suis attentive au mot « intimité ». C’est vrai que mes paroles révèlent mes faiblesses, intimes, inscrites au plus profond de moi. Dès le moment où une musique quitte cette intimité pour être révélée au public, quelque part, elle ne nous appartient plus. Chacun est libre de se l’approprier, et à mon sens c’est à ce moment-là que s’établit cette proximité. Il me semble que cela passe par le fait que les gens ressentent, acceptent et écoutent réellement la mélancolie que je mets en musique. Sans s’identifier complètement aux paroles, que ressentent-ils ? Ceux qui s’accordent de planer avec elle, qui la trouve belle, ressentiront une proximité. Je ne suis pas maîtresse des émotions de chacun. Evidemment que c’est super si cette proximité s’instaure, je ne peux pas le nier. L’instaurer consciemment n’est en tous cas pas évident, et surtout pas un but dans ma démarche artistique. En revanche, chercher à poser une ambiance, une couleur, cela a beaucoup d’importance pour moi. C’est ce à quoi je suis la plus attentive quand j’écoute les sons que j’aime, surtout David Lynch, Cat Power, Shannon Wright et PJ Harvey.

Joya Angst, promo

Quelques mots à dire sur « The Nest » dont la sortie est imminente ?

Joy Angst : « The Nest » a été l’occasion de prendre un vrai recul sur ma musique, de préciser les sons et l’orchestration. Je pense avoir choisi des morceaux révélant puissance et fragilité à la fois, sans retenue, sans forcer le trait.  Je dévoile, je l’espère, un univers tout en sensations. « The Nest » nous raconte un chemin, une transformation. J’espère ainsi plonger les auditeurs dans mon monde, mélancolique mais heureux.

Un grand merci à Joy Angst pour sa disponibilité.

Joy Angst – The Nest / Date de sortie : 11 mai 2017 (disponible sur le site et la page Bandcamp de Joy Angst).

JOY ANGST N’A PEUR NI DU NOIR NI DES STUDIOS

Joy Angst avait charmé sur scène, la voici de retour avec un premier effort studio. La rockeuse nostalgique vient tout juste de finaliser son EP « The Nest ».

Joya Angst, promo

Forte de sa séduisante prestation à l’édition 2016 du festival Les Femmes S’en Mêlent (live report ici), Joy Angst ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. La songwriteuse annécienne a d’ailleurs pris les devants, s’enfermant en studio avec ses musiciens pour la gestation de « The Nest ». Un EP autoproduit en guise d’ouverture sur son univers intime et rêveur esquissé en live.

Joya Angst, The Nest, cover, EP

Le single « Le noir (ça ne fait pas peur) » est déjà disponible sous format digital. Mi-chanson mi-comptine douce-amère joliment mélancolique. Et vivement recommandée.

Joy AngstThe Nest / Date de sortie : 11 mai 2017 (disponible sur le site et la page Bandcamp de Joy Angst).

QUAND LES FEMMES S’EN MÊLENT (FESTIVAL REPORT)

Dans le cadre du festival Les Femmes S’en Mêlent, le Brise Glace d’Annecy accueillait Joy Angst, Aldous Harding et Shilpa Ray. Une soirée délicieusement chamarrée par ces trois personnalités féminines hautes en en couleurs. Live report.

Joy Angst, Les Femmes S'en Mêlent, festival

Initié par un concert parisien en honneur de la journée de la femme, Les Femmes S’en Mêlent a depuis pris une ampleur nationale voire européenne puisque étoffée d’escales belges et suisses. Depuis bientôt 20 ans, ce festival cumule ainsi dates à la capitale et tournées provinciales, prenant soin de mélanger les genres. Un succès grandissant qui ne fait que souligner à sa juste valeur la générosité de la scène musicale féminine.

Joy Angst : La nostalgique radieuse

Joy Angst, Les Femmes S'en Mêlent, festival

Vocation de « défricheur » oblige, l’étape annecienne des Femmes S’en Mêlent s’ouvre avec l’artiste locale Joy Angst. Grain de voix légèrement cassé, sourire radieux aux lèvres malgré la nostalgie empreinte de sa musique, la demoiselle offre une prestation rayonnant du charme de sa simplicité.

Joy Angst, Les Femmes S'en Mêlent, festival

Sur scène, Joy ouvre les portes d’un univers rock tapissé de langueur mélancolique. « Alors pourquoi moi le soir je pleure ? » s’interroge-t-elle sur le touchant « Le noir ça ne fait pas peur ». La basse épaisse affaiblit parfois la voix mais il ne manque que peu de chose pour affirmer la qualité palpable des compositions. Ce que Joy Angst prouvera joliment avec « Angst », versatile conclusion entre douceur tristounette et incursions rauques.

Parution Presse. "LE PROGRES"

LE-PROGRES-18/11/2014

Parution Presse. "HEBDO 39"

HEBDO-39-11/11/2014